L'Atelier - Aix-en-Provence
AIC
Gagnant Oui
Réhabiliter un immeuble tertiaire avenue Paul Cézanne à Aix-en-Provence
L’Atelier se situe au 10 avenue Paul Cézanne, dans un environnement particulier du paysage aixois, à proximité immédiate de l’Atelier de Cézanne, monument historique.
Le projet, porté par AIC Provence, concerne un bâtiment tertiaire de deux niveaux implanté sur un terrain de 3 941 m².
L’immeuble développe 2 652 m² de surface de plancher et dispose de 337 m² d’espaces verts.
Plutôt que d’engager une transformation radicale du site, la réhabilitation s’est appuyée sur les qualités du bâtiment existant pour faire évoluer son fonctionnement, son architecture et ses capacités d’accueil.
L’opération a été livrée le 15 janvier 2026.
Transformer sans dénaturer l’architecture existante
Le parti pris architectural consiste à redonner davantage de cohérence et de lisibilité au bâtiment sans effacer son identité.
La structure poteaux-poutres est conservée, tout comme le parement en pierre existant. Les interventions se concentrent sur la recomposition des façades, les menuiseries, les accès et certains éléments architecturaux.
Les percements ont notamment été retravaillés afin d’harmoniser la façade. Certaines grilles techniques ont laissé place à des baies et de nouveaux ouvrants ont été intégrés.
Cette intervention ciblée permet de modifier sensiblement la perception du bâtiment sans recourir à une reconstruction ou à une transformation structurelle généralisée.
La matérialité d’origine reste ainsi perceptible, tandis que les nouveaux éléments donnent à l’ensemble une expression plus contemporaine.
Une nouvelle entrée pour redonner une adresse au bâtiment
La création d’une entrée au sud constitue l’une des interventions structurantes de la réhabilitation.
Elle ne répond pas uniquement à une problématique fonctionnelle. Sa conception participe à la recomposition architecturale de l’immeuble et vise à rendre son accès plus identifiable.
Cette nouvelle entrée s’accompagne de l’installation d’un élévateur PMR et de l’adaptation des cheminements afin d’améliorer l’accessibilité du bâtiment.
Certains accès ont également été déplacés.
Les interventions sur les façades ont nécessité des reprises structurelles localisées et des travaux de découpe et d’adaptation permettant d’intégrer de nouveaux usages dans la trame existante.
Un désamiantage complet intégré à la réhabilitation
La transformation de L’Atelier a également nécessité une importante mise à niveau technique du bâtiment.
L’opération comprend notamment son désamiantage complet ainsi que le remplacement de l’ensemble des menuiseries extérieures.
Les façades ont été reprises et requalifiées tout en conservant leur parement en pierre.
Les interventions ont été organisées de manière ciblée : plutôt que de multiplier les démolitions, le projet concentre les travaux sur les éléments nécessaires à l’évolution du bâtiment.
Cette stratégie permet notamment de conserver une part importante des matériaux et de l’énergie déjà mobilisés lors de sa construction initiale.
Accueillir plus de 30 entreprises sans agrandir significativement le bâtiment
L’un des enjeux de la réhabilitation concerne la manière d’utiliser les surfaces disponibles.
Le bâtiment avait initialement été conçu autour de grands plateaux correspondant à des modes d’organisation tertiaire différents de ceux recherchés aujourd’hui.
Ces surfaces ont été recomposées pour créer des cellules de bureaux plus souples et mieux adaptées à différents profils d’entreprises.
L’Atelier peut ainsi accueillir plus de 30 entreprises, contre une occupation beaucoup plus limitée auparavant, sans augmentation significative de l’emprise ou du volume du bâtiment.
Cette évolution constitue une forme de densification par les usages : davantage d’activités peuvent être accueillies sur un foncier déjà artificialisé sans construire un nouvel ensemble immobilier.
Une autre approche de la densification urbaine
Dans le cas de L’Atelier, densifier ne signifie donc pas nécessairement construire plus haut ou augmenter fortement les surfaces bâties.
La stratégie consiste à améliorer l’utilisation d’un bâtiment déjà présent.
La divisibilité des plateaux permet de mutualiser le même ensemble immobilier entre plusieurs entreprises et d’adapter les surfaces à leurs besoins.
Cette approche participe également à la pérennité du bâtiment. Des espaces plus facilement reconfigurables peuvent évoluer au gré des besoins des occupants et du marché tertiaire sans nécessiter systématiquement de nouvelles interventions lourdes.
Conserver la structure et la pierre pour limiter les démolitions
La réduction de l’impact environnemental du projet repose principalement sur la conservation du bâtiment.
La structure existante est maintenue, de même que le parement en pierre et une partie importante des composants de l’immeuble.
Ce choix permet de limiter les démolitions et le recours à de nouveaux matériaux.
Il contribue également à préserver l’énergie grise associée au bâtiment existant, c’est-à-dire l’énergie déjà consommée pour produire, transporter et mettre en œuvre ses matériaux lors de sa construction.
L’approche associe ainsi réhabilitation architecturale et optimisation de l’usage d’un foncier déjà urbanisé.
Redonner de la pleine terre à un site très minéral
La transformation concerne aussi les espaces extérieurs.
Avant l’opération, les abords du bâtiment étaient largement recouverts d’enrobé et laissaient peu de place aux surfaces en pleine terre.
La réhabilitation permet d’en restituer une partie et d’améliorer la qualité paysagère du site.
Ces nouvelles surfaces doivent notamment favoriser l’infiltration naturelle des eaux et offrir des conditions plus favorables à la biodiversité ordinaire.
Les arbres existants sont préservés dans le cadre de cette requalification.
L’opération compte au total 337 m² d’espaces verts.
Stationnements, vélos et circulations repensés
La requalification des abords s’accompagne d’une réorganisation des mobilités à l’échelle de la parcelle.
Les stationnements ont été remaniés et les circulations des piétons et des véhicules sécurisées.
Un abri vélos a également été créé.
Les jardinières et les clôtures ont été modifiées afin de participer à la nouvelle organisation paysagère et fonctionnelle du site.
Ces interventions extérieures prolongent le principe appliqué au bâtiment lui-même : travailler à partir de l’existant et intervenir prioritairement sur les éléments nécessaires à son adaptation.
Une réhabilitation menée sur un site partiellement occupé
La conduite des travaux présentait une contrainte supplémentaire : le maintien d’une occupation partielle du site pendant le chantier.
Cette situation a nécessité un phasage précis des interventions ainsi qu’une gestion spécifique des nuisances et des circulations.
Le choix de conserver la structure et de concentrer les travaux sur des interventions identifiées en amont a permis d’organiser le chantier autour de séquences ciblées : désamiantage, façades, menuiseries, accès, accessibilité et aménagements extérieurs.
La coordination entre les différents corps d’état devait parallèlement permettre de poursuivre la transformation tout en tenant compte de la continuité d’exploitation du site.
La réhabilitation comme outil de transformation de l’immobilier tertiaire
L’Atelier s’inscrit dans une logique où la modernisation d’un immeuble de bureaux ne passe plus nécessairement par sa démolition.
La conservation de la structure et de la pierre permet ici de s’appuyer sur les qualités du bâtiment existant, tandis que la recomposition des plateaux répond à l’évolution des usages professionnels.
La transformation architecturale accompagne cette évolution : nouvelles menuiseries, façades harmonisées, accès redessinés et nouvelle entrée sud modifient l’image de l’immeuble sans chercher à effacer son histoire.
À proximité immédiate de l’Atelier de Cézanne, cette intervention mesurée permet également de tenir compte d’un environnement patrimonial particulièrement sensible.