Nationale

Editorial du Président

Un droit de réponse s’impose !

Vous avez sans doute constaté, comme moi, la résurgence sur les réseaux sociaux d’arguments que l’on croyait dépassés. Ceux qui avaient été formulés hier contre les dispositifs Scellier puis recyclés contre le Pinel, sont aujourd’hui appliqués, sans nuance, sur le statut du bailleur privé.

Ces critiques, du fait de leur inconsistance, n’appellent pas de réactions spécifiques.  Mais quelle n’a pas été ma surprise de les retrouver, presque mot pour mot, dans les colonnes d’un journal de référence comme Le Monde, sans contradiction ni mise en perspective.

Un tel traitement interroge. Il interroge d’abord sur le respect du débat contradictoire. Car à lire cet article, une seule voix s’exprime : celle des détracteurs. Ni les parlementaires qui ont porté le statut du bailleur privé avec opiniâtreté, ni le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui l’a défendu avec constance, ni les professionnels du secteur — et en particulier la Fédération des Promoteurs Immobiliers — n’ont été sollicités.

C’est regrettable car l’ensemble du raisonnement repose sur un postulat faux : celui d’une production de logements à deux vitesses, où coexisteraient des logements de qualité pour les accédants et des logements dégradés pour les investisseurs.

Cette vision n’a aucun rapport avec la réalité.

Une opération immobilière est, dans l’immense majorité des cas, une opération mixte. On y trouve des logements en accession, des logements destinés à des investisseurs particuliers et, très souvent, des logements vendus en bloc à des bailleurs sociaux. Et surtout, au moment de la conception du programme, le promoteur ne sait pas qui sera l’acquéreur final.

Dès lors, une évidence s’impose : la qualité est la même pour tous. Même immeuble, mêmes prestations, même respect des exigences réglementaires, même niveau d’ambition architecturale. Il n’existe pas, dans la réalité, de « logement pour investisseur » conçu au rabais.

Affirmer le contraire, c’est méconnaître profondément le secteur du logement. 

La Cour des comptes elle-même, pourtant peu suspecte d’indulgence à l’égard des dispositifs fiscaux, a reconnu dans son rapport de 2024 sur le dispositif Pinel que l’investissement locatif avait permis des opérations de requalification urbaine, la transformation de friches et la réalisation de programmes mixtes incluant du logement social. Elle souligne également la qualité des logements produits et rappelle que, dans leur grande majorité, les investisseurs choisissent d’abord en fonction de la localisation.

Quant à l’idée selon laquelle les investisseurs se désintéressaient de leur bien, elle relève d’une caricature. Un particulier qui engage une part significative de son épargne dans un logement locatif ne se comporte pas en spéculateur désinvolte, mais en gestionnaire attentif d’un actif patrimonial.

Le débat sur les politiques du logement est légitime. Mais il suppose des faits, des chiffres, des démonstrations. Rien de tout cela dans l’article du Monde, si ce n’est des approximations et des récits à charge.

Il est temps que les « experts » sortent de leurs bureaux, comme l’a fait intelligemment la Cour des Comptes pour son rapport publié en 2024 et se confrontent au réel en visitant des opérations, plutôt que répéter de mois en mois et d’années en années les mêmes arguties.

Je ne pouvais pas, cette fois, ne pas réagir. Un droit de réponse a été demandé.

Pascal Boulanger, président de la FPI