Nationale

Editorial du Président

Les Français ont toujours raison

Les enquêtes d’opinion publiées ces dernières semaines sur les priorités des Français pour l’élection présidentielle de 2027 sont particulièrement instructives et réconfortantes notamment parce qu’elles marquent une rupture profonde avec les préoccupations qui dominaient encore en 2022.

À l’époque, la guerre en Ukraine, l’immigration, les retraites, la délinquance ou encore les débats identitaires occupaient une place centrale dans les inquiétudes des Français. Ces sujets demeurent importants, mais aujourd’hui, les priorités remontées par nos concitoyens sont d’une autre nature. Elles sont beaucoup plus fondamentales à mon sens, car relevant du domaine économique.

Préserver le système de santé arrive désormais en tête. Améliorer le pouvoir d’achat reste central. L’éducation remonte fortement. Faire en sorte que le travail paye davantage apparaît désormais parmi les priorités majeures. Réduire la dette et les déficits publics, sujet quasi absent il y a encore quelques années, bondit spectaculairement dans les préoccupations des Français. Même chose pour l’attractivité économique du pays.

Les Français reviennent progressivement à l’essentiel et comprennent intuitivement, bien mieux que nos décideurs politiques, qu’un pays ne peut pas durablement distribuer davantage qu’il ne produit. Que la création de richesse, grâce à un système éducatif plus performant, à des entreprises moins taxées donc des salariés mieux payés et une dette réduite, conditionne tout le reste.

Et sur ce point, les analyses développées récemment par Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque Publique d’Investissement (BPI) méritent d’être entendues. Il rappelle que près de 60 % de notre dette finance aujourd’hui des dépenses sociales courantes.

Nous ne faisons plus de la dette pour investir massivement dans l’avenir, dans la recherche, dans la réindustrialisation ou dans les infrastructures. Nous créons de la dette pour financer des dépenses courantes (retraite, dépenses sociales).

Or, une dette destinée à financer la consommation appauvrit un pays, là où une dette d'investissement l'enrichit.

La vraie richesse vient toujours de l’investissement productif qui donne la capacité à un pays de produire davantage de valeur.

Et c’est précisément ce que veulent les Français. Ils ont raison car, une fois de plus, ils partent de la vraie vie. Et même si le logement n’apparait pas en tant que tel, il est au cœur de cette équation car il conditionne le pouvoir d’achat et l’attractivité économique des territoires. 

Les Français ont depuis longtemps constaté que le manque de logements entrave la mobilité professionnelle, les études, les projets familiaux. 

C’est pourquoi, dans le cadre de l’élection présidentielle qui arrive, il est important de positionner la production de logements neufs collectifs comme un investissement productif et vertueux du point de vue environnemental pour le pays.

Nous avons tout fait ces dernières années pour que le logement ne soit pas le grand oublié des campagnes présidentielles, avec un succès mitigé. Cette fois, à la lecture des premiers programmes des divers candidats, nous avons l’impression d’y parvenir. 

Car le logement, on ne le dit pas assez, permet à des salariés de travailler, à des entreprises de recruter, à des étudiants de se former, à des familles de se projeter. Il permet aussi, en cette période agitée sur les retraites, d’assurer un complément de revenu pour les ménages qui réalisent un ou plusieurs investissements locatifs tout au long de leur vie professionnelle. 

Le logement, mieux que préparer l’avenir, l’incarne.

Nos concitoyens l’ont compris. La balle est maintenant dans le camp des candidats à l’élection présidentielle. Les premiers signaux m’incitent à l’optimisme. 

Pascal Boulanger, président de la FPI