Cessons de tourner autour du pot
J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire : le logement est enfin revenu dans le débat politique et les candidats aux élections municipales ont pu le constater. D’ailleurs, lors de la campagne, les électeurs ont rappelé aux candidats leurs fortes attentes en la matière, lorsque celles-ci n’avaient pas été intégrées à leurs propositions.
Nous pouvons nous réjouir de cette prise de conscience, parfois bien tardive mais absolument nécessaire.
Pour autant, après tant d’années d’errance politique sur ce sujet, il est à craindre que les fausses bonnes idées viennent polluer la seule et unique priorité pour sortir de la crise : construire des logements et donc délivrer des permis de construire. Voilà votre mission première, Mesdames et Messieurs les maires !
Et nous serons à vos côtés pour accompagner cet effort massif et répondre aux besoins de nos concitoyens dans le respect de nos territoires, de nos terres et de notre environnement.
Ces logements devront permettre aux ménages, selon leurs parcours résidentiels, de louer dans le parc social, de louer dans le parc privé, et d’accéder à la propriété.
Simple. Basique. Mais essentiel.
Les outils sont là (BRS, PTZ, Statut du bailleur privé, LLI, PSLA…).
Il faut maintenant libérer l’offre. Simplifier réellement l’acte de construire. Dé-surtransposer.
Surtout, il faut cesser d’entretenir l’idée farfelue qu’il suffirait de remettre sur le marché les logements vacants pour régler la crise du logement, solution trop souvent mise en avant dans les programmes électoraux.
Sur ce point, les faits sont têtus. La Cour des comptes est très claire : sur les 32,3 millions de logements du parc privé, il y a in fine moins de 120 000 logements vacants qui pourraient effectivement être remis sur le marché. Surtout, la Cour souligne que les politiques de lutte contre la vacance n’ont pas démontré leur efficacité, que les leviers fiscaux ont un impact limité et que l’outil fiscal, à lui seul, ne saurait résoudre le problème.
Autrement dit, faire des logements vacants une solution miracle relève surtout de l’alibi. Une manière de parler du logement sans assumer la construction. Nous le disons depuis longtemps, ces logements vacants sont situés dans la diagonale du vide et n’intéressent personne. Nonobstant la question de la localisation du bien, si la fiscalité et le droit étaient plus favorables, il y aurait moins de vacance.
En janvier, le gouvernement a fixé un cap. Avec Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, le Premier ministre a lancé un plan de relance du logement ambitieux: 400 000 logements par an, soit 2 millions de logements d’ici à 2030, dans une logique gagnant-gagnant avec notamment les élus locaux. C’est a minima la vitesse de croisière qu’il nous faut atteindre pour répondre aux besoins.
L’équipe de France du logement, au sein de laquelle la FPI a été sélectionnée, doit désormais se renforcer. Nous avons un gouvernement qui a fixé une ambition. Nous avons des professionnels qui sont dans les starting-blocks. Il appartient maintenant aux élus locaux de sortir des postures qui ont prévalu pendant la campagne des municipales et de nous rejoindre en prenant pleinement leur part dans la relance de l’offre de logements neufs.
Le logement a été un thème de campagne. Les conseils municipaux et les édiles nouvellement installés doivent maintenant passer aux actes. Leur place n’est pas dans les tribunes ni sur le banc de touche mais sur le terrain avec nous. Et de ce fait, l’équipe sera prête pour gagner.
Pascal Boulanger, président de la FPI