Nationale

Editorial du Président

Calme plat… qui ne saurait durer

Depuis l’entrée en vigueur du statut du bailleur privé (ou dispositif Jeanbrun), le 21 février dernier, les échanges avec le ministre du Logement et son cabinet demeurent soutenus, conformément à ce qui avait été convenu lors de ma réunion avec le Premier ministre. Un comité de suivi du plan de relance Logement s’est ainsi tenu ce mardi avec l’ensemble des acteurs du logement et, comme l’a dit Vincent Jeanbrun « à tout seigneur tout honneur », la FPI.

Cependant, au-delà de ce travail utile, le climat général reste attentiste, nourri par la situation internationale et ses incertitudes persistantes. Résultat : les Français observent, prudents.

Espérons que les tensions actuelles s’apaiseront durablement et que le cessez-le-feu temporaire annoncé au Moyen-Orient ouvrira enfin une séquence de stabilisation.

En tout état de cause, ce ralentissement est dangereux. Il porte en lui un risque réel : celui d’un glissement progressif vers une « année blanche ». Une année où, après les municipales, les regards se tourneraient déjà vers l’échéance présidentielle. Une année où, par prudence ou par calcul, on lèverait le stylo.

En temps normal, cette situation aurait été réjouissante : pas de textes législatifs ou réglementaires signifie pas de nouvelles obligations et contraintes pour notre métier. Pas de textes, pas de nouvelles normes !

Ironie de l’histoire, nous sommes aujourd’hui demandeurs de textes de simplification et d’accompagnement de l’acte de construire afin de permettre à nos concitoyens d’acquérir le logement de leurs rêves. 

Car la résolution de la crise du logement, elle, n’attend pas. Une première bouffée d’oxygène, vitale, a été apportée par le statut du bailleur privé. D’autres mesures seront nécessaires pour stabiliser le patient logement.

Il est donc impératif de sortir de cette torpeur.

Heureusement, tout n’est pas figé. Le futur projet de loi de décentralisation - ou, en langage technocratique : PJL simplification de l’action des collectivités territoriales - offre un espace d’action avant l’été. Alors que l’État et le secteur du logement sont désormais alignés, depuis les trois derniers gouvernements Barnier, Bayrou, Lecornu, et partagent la même envie, la même volonté, la même vision, j’espère que ce texte permettra de replacer les collectivités au cœur du jeu et de les inciter à délivrer, enfin, davantage de permis de construire.

Le faux plat actuel doit céder la place à une énergie nouvelle avec du rythme et des prises de décision claires et opérationnelles.

Bref ne comptez pas sur moi pour pédaler dans le vide !

Pascal Boulanger, président de la FPI