Nationale

Editorial de la Présidente

Vers une société de sobriété ?

La France s’est donnée comme objectif d’être neutre en carbone en 2050. Un des leviers pour y parvenir, c’est la « sobriété », à laquelle tous les secteurs économiques sont invités.

Cette sobriété a deux côtés : l’un positif, l’autre négatif.

Du côté positif, notre secteur doit effectivement réinterroger sa façon de produire et savoir innover, pour réduire à la fois sa consommation de foncier (d’où le débat sur le ZAN), sa consommation de matériaux carbonés (d’où le débat sur les matériaux biosourcés ou recyclés) et sa consommation d’énergie (d’où les objectifs de performance énergétique dans la RE 2020). C’est un défi à relever en même temps qu’un discours à entendre – même si, en réalité, nous n’avions pas jusqu’à présent le sentiment d’être les moins économes, avec nos projets denses et performants.


Du côté négatif, il faut souligner la tentation, bien présente chez certains, de glisser de la sobriété vers la stagnation, voire la décroissance. Deux exemples : la convention citoyenne, lorsqu’elle évoque la non-artificialisation, parle de sanctuarisation de certains espaces et de sanction pénale si elle n’est pas respectée ; la stratégie nationale bas-carbone, dans les hypothèses de production de logement qu’elle retient, envisage une division par deux à horizon 2050.


Or ce n’est pas du tout la même chose de croître en réduisant son impact climatique et d’organiser délibérément son attrition. Au fond, pour cette école de pensée, le logement le plus sobre, c’est celui qu’on ne construit pas, de même que le déplacement le moins carboné, c’est celui qu’on évite. On retombe là sur un travers bien français : la bascule d’un excès vers un autre et le passage de la plus grande légèreté au zèle le plus ardent. L’art de la nuance et du compromis nous fait décidément défaut …


C’est notre rôle de maître d’ouvrage de défendre à la fois l’idée de croissance et le principe de sobriété, en proposant des programmes immobiliers qui permettent de loger une population qui croît tout en protégeant sa qualité de vie future.

 

 

Alexandra François-Cuxac

Présidente de la FPI France