Nationale

Editorial de la Présidente

Promoteurs disruptés ?

La disruption dont on parle tant, c’est simple : une frustration des usagers ou des consommateurs, parce qu’un bien ou un service est trop cher, trop lent ou trop compliqué, qui trouve sa solution dans la technologie. Les plateformes digitales comme Uber ou Airbnb viennent de là.

Toutes les professions peuvent être disruptées, et beaucoup vont l’être rapidement. Dans notre écosystème, les premiers concernés seront les notaires (par les blockchains), les banques (par les cryptomonnaies et le crowdfunding) et les architectes (par l’intelligence artificielle). Quid des promoteurs ? Une chose est sûre : même les millenials connectés devront bien habiter quelque part, il faudra donc toujours des logements, et des opérateurs pour les réaliser. Or à la différence d’autres professions, on ne voit pas de solution dans la technologie pour le faire à la place d’acteurs comme les promoteurs : le contact avec les élus et les riverains, l’articulation des différents risques (financier, commercial, juridique etc.), la gestion des aléas – autant de fonctions que la technologie peut aider mais pas remplacer.

En définitive, je crois moins à la disruption qu’à la concurrence d’acteurs qui feraient le même métier que nous, mais différemment, grâce à la technologie. On parle beaucoup de Wework ou Katerra, mais d’autres acteurs seront au premier plan : les fournisseurs d’objets connectés, par exemple, qui viendront à se poser la question de la fourniture de l’enveloppe lorsqu’ils auront pris la main sur le « système d’exploitation » du logement. Demain, on ne demandera certes pas à Alexa d’Amazon de construire des logements, mais c’est sans doute elle (ou son équivalent) qui dictera la façon dont on les occupe, donc la façon dont on les conçoit.