Nationale

Editorial du Président

Pas grave, il suffit de changer de médecin

Un fumeur invétéré va voir son médecin. Diagnostic sans appel : « Il faut absolument que tu arrêtes de fumer. Tu n’es pas très loin du point de non-retour. »

Réaction du patient ? Il a changé de médecin …

C’est exactement ce que donne à voir la séquence politique actuelle. Une situation économique objectivement préoccupante, un cap qui commençait à se dessiner avec un objectif de réduction des dépenses publiques de 43 milliards d’euros – et soudain, tout s’effondre.

Le 8 septembre prochain, le gouvernement Bayrou pourrait tomber. Non pas en raison d’une faute, mais en raison d’un déséquilibre institutionnel profond, qui rend tout cap impossible à tenir.

Je me désole parce que le logement, après des années d’oubli, était revenu dans le débat public. Des mesures que nous portions, telle que la prorogation de la validité des permis de construire, ont été mises en œuvre. Par ailleurs, des mesures de simplification étaient attendues.

En outre, le rapport Cosson-Daubresse sur le statut du bailleur privé a été salué de toutes parts. La ministre Valérie Létard en avait validé les grandes orientations. L’inscription dans le projet de loi de finances se précisait petit à petit. Le dispositif était prêt.

Et voilà qu’une crise politique majeure, une de plus, menace de tout balayer. Une instabilité de plus, une urgence de trop, une occasion manquée.

Je le redis avec gravité : chaque semaine qui passe sans décision, ce sont des chantiers en moins, des logements qui ne sortiront pas de terre, des familles qui resteront exclues. Chaque mois qui passe sans signal clair, ce sont des investisseurs qui renoncent, des territoires qui s’enfoncent. Les chiffres que j’annoncerai le 4 septembre prochain sont effrayants. Et dire qu’il y a peu, je croyais que nous avions touché le fond.

Aux parlementaires, je lance ici un appel solennel : « N’ajoutez pas le chaos à la crise. »

Quelle que soit l’issue politique des semaines à venir, le statut du bailleur privé doit être mis en œuvre. Ce n’est ni un marqueur partisan, ni une lubie du secteur : c’est un outil de relance économique et de stabilité sociale. Il est soutenu par l’ensemble des acteurs du logement, du privé comme du social. Il est prêt. Il est nécessaire. Il est attendu et surtout, il est apolitique.

La France mérite mieux que ce cycle de l’impuissance.

Pascal Boulanger, président de la FPI