Nationale

Editorial de la Présidente

La qualité, une responsabilité partagée 

La FPI participait cette semaine aux travaux du comité chargé par l’Etat de définir un « référentiel de qualité » pour les logements neufs. Cette réflexion ne vise pas la qualité de la construction, mais celle de la conception des logements : la surface, l’agencement, la distribution des pièces, l’exposition, le confort d’usage etc. 

Nous sommes un peu dubitatifs sur cet exercice, qui repose sur l’idée curieuse que l’Etat serait mieux à même que les occupants de définir les attributs d’un logement de qualité … Mais après tout, il ne faut jamais gâcher une occasion de croiser les regards ! Donc nous jouons le jeu.  

Pour autant, nous abordons ce travail avec une conviction très forte : la qualité est le produit d’un système, et non d’un acteur. C’est trop facile de pointer du doigt les promoteurs parce que les logements seraient trop petits, ou parce qu’ils perdraient en hauteur sous plafond. En vérité, c’est toute la chaîne qu’il faut examiner, et en particulier son premier maillon : le droit de l’urbanisme.

Souvent, nous sommes empêchés de produire des logements bien adaptés aux attentes de nos clients, parce que le PLU est trop prescriptif et manque de souplesse. Deux exemples : nous voudrions faire des logements avec plus de hauteur sous plafond, mais la hauteur de l’immeuble lui-même est contrainte par le PLU (d’autant plus que les édicules sur le toit sont décomptés dans cette hauteur limite) ; nous voudrions faire des logements avec plus de terrasses et de balcons, mais leur surface est décomptée dans l’emprise au sol, elle aussi limitée par le PLU.

C’est le grand paradoxe de notre droit de l’urbanisme : il peut être contre-productif dans la construction de la ville de demain, quand il manque de souplesse et télescope la réalité des projets.

En tant que maîtres d’ouvrage, nous devons savoir entendre les critiques, et elles sont légitimes, mais il faut savoir les replacer dans un contexte plus large. Tout devrait passer par un dialogue très terre à terre avec les élus locaux, sur les documents de planification et d’urbanisme. C’est pour cette raison que la FPI milite de longue date pour que les professionnels soient « personnes associées » dans la conception des PLU. Car c’est ensemble, élus et maîtres d’ouvrage, que nous pouvons le mieux penser la ville de demain, et répondre aux enjeux de qualité.