Nationale

Editorial de la Présidente

Innover dans la construction, avec les élus locaux

Nous avons de plus en plus le souhait de présenter notre activité comme une industrie, mais nous n’en avons pas encore tout à fait la culture ni les savoir-faire. Dans l’industrie automobile ou aéronautique, par exemple, on a réfléchi depuis longtemps aux relations avec les sous-traitants, à l’impératif de qualité, à la recyclabilité des produits etc. Côté construction, nous n’en sommes pas encore là.


Pourtant, la clé du logement abordable est là, au moins pour partie : pour maîtriser les coûts de construction, il faudrait préfabriquer, digitaliser, standardiser, et intégrer davantage les parties prenantes (ingénierie, maîtrise d’œuvre, BTP – c’est d’ailleurs tout le sens du BIM). Les gains de productivité et d’efficacité que le secteur automobile a pu faire depuis 30 ans, il les a restitués aux consommateurs, un peu sous forme de baisse des prix, et beaucoup en amélioration de produit. A nous, collectivement, de générer des gains de productivité du même ordre.


Qu’est-ce qui nous en a empêchés jusqu’à présent, alors même que nous sommes le pays le plus bâtisseur d’Europe, où les volumes sont donc propices à la productivité ? Une des explications réside dans la décentralisation : difficile d’innover dans le logement et d’industrialiser les process pour le rendre abordable sans rendre les PLU plus souples ni déréglementer ce qui peut l’être. Ce sont ces mêmes contraintes qui gênent bien souvent l’agrandissement des balcons ou la renaturation, qui empêchent en somme de répondre aux nouvelles attentes des usagers.


Evidemment, comparaison n’est pas raison, et une voiture n’est pas un logement, qui « fait paysage » et marque un territoire pendant 50 ans. Pour autant, pour nous porter au bon niveau d’innovation, nous sommes convaincus qu’il y a de la place pour une discussion éclairée avec les élus locaux pour définir un nouvel équilibre, à mi-chemin entre la prescription et le laisser-faire, autour de l’idée que le logement abordable passe par la possibilité d’innover, donc par la simplicité des normes.


Au fond, il faudrait que promoteurs et élus locaux voient le logement, pour de bon, comme une industrie, mais une industrie dans le bon sens du terme : innovante, efficiente, tournée à la fois vers la qualité et la maîtrise des coûts. Une industrie qui, in fine, redonne sa vraie place au client !

 

 

Alexandra François-Cuxac

Présidente de la FPI France