Nationale

Editorial de la Présidente

Ecouter les marchés

Cette semaine, avec sept autres organisations professionnelles clés de note secteur (USH, FFB, CAPEB etc.), la FPI a cherché à faire entendre raison aux services de l’Etat qui veulent imposer une RE 2020 qui va trop loin, trop vite.

Nos arguments ne sont pas juridiques, ils sont économiques : nous voulons limiter les surcoûts, éviter de nous enfermer dans quelques solutions techniques qui conduiraient à écarter par principe le gaz ou le béton malgré leurs efforts pour se décarboner, étaler dans le temps la montée en puissance de la RE pour permettre à toute la filière de se former.

Nous pensons qu’il faut proportionner nos ambitions à la réalité de notre impact sur le changement climatique : à quoi bon payer cher un kWh économisé dans le neuf, quand on pourrait en économiser 10 pour le même prix en rénovant le parc ancien ? Bref, nous essayons de faire mieux entendre la voix de nos clients et des entreprises, face à des associations et des élus qui raisonnent « politique » sans connaître les marchés. Verdict dans quelques semaines …

Cette méconnaissance du terrain se retrouve dans le projet de loi « convention citoyenne pour le climat ».

Ce texte porte un objectif de réduction de moitié en dix ans du rythme d’artificialisation des sols (l’Allemagne l’a fait, mais en 20 ans …). On peut comprendre cette ambition, mais il faut être clairs sur le fait qu’elle va bouleverser la production d’immobilier neuf, sa géographie et sa typologie, la valeur des biens etc. Or l’étude d’impact du projet de loi est muette sur ces conséquences économiques.

Là aussi, la FPI se bat donc pour rappeler la réalité : la non-artificialisation crée de l’inflation, et elle risque de diminuer la construction si, en même temps qu’elle limite l’étalement urbain, elle n’encourage pas la densification et la construction dans les zones urbaines où elles sont déjà difficiles.

Comme pour la RE 2020, il faut donc un texte proportionné et opérant : c’est comme toujours l’axe que la FPI défendra.

 

Alexandra François-Cuxac

Présidente de la FPI