Nationale

COVID-19

Des surcoûts, oui, mais personne n’y échappe !

J’ai participé en fin de semaine dernière à une visioconférence sous l’égide de Julien Denormandie, sur le thème des surcoûts de chantier. A l’origine de cette réunion, la demande de la FFB, la FNTP et la CAPEB que les entreprises du BTP ne portent pas seules les deux surcoûts liés au Covid : le coût direct des mesures prises pour relancer les chantiers, et les coûts induits par la perte de productivité dans un contexte de reprise (lentement) progressive.

Nous savons que c’est chantier par chantier que ce partage se fera, en fonction de leur avancement, de leur localisation, de nos relations avec les entreprises, etc. Tout le monde veut travailler, à chacun de faire les bons compromis pour cela.

Mais dans ce débat, je me bats aussi pour faire valoir l’idée que si les entreprises du BTP ne manquent pas de souffrir dans cette période d’une gravité exceptionnelle, il en va de même pour toutes les entreprises de tous les secteurs d’activité et pour tous les acteurs de l’immobilier neuf. Les risques de faillites et de dépôts de bilan concernent tous les acteurs : grands et petits, promoteurs publics, privés, aménageurs, architectes et bureaux d’études, dès lors que toute la chaîne de conception-réalisation distribution s’est arrêtée net le 12 mars.

Prenons l’exemple des promoteurs : nous ne déposons plus de permis de construire, nous ne vendons plus de logement, nous ne percevons plus de recettes et nous ne livrons plus de logements depuis un mois et cela pour une durée indéterminée. Les trésoreries des programmes sont très fragiles et nombre d’entre eux seront vendus à des acquéreurs institutionnels à marge faible voire nulle. Nous estimons une baisse de chiffre d’affaires en 2020 supérieure à 30% et irrécupérable si la crise dure plus de trois mois. Au-delà, la moitié de l’activité annuelle sera perdue.

Les bilans des SCI qui portent nos programmes immobiliers supportaient déjà avant la crise des niveaux élevés de coûts de travaux et une pénurie d’entreprises, liés à un volume d’activité important dans le bâtiment. Depuis un mois, un grand nombre d’aléas liés à l'épidémie de COVID-19 s’y sont ajoutés :

  • charges financières alourdies,
  • portage des stocks,
  • coûts des assurances construction,
  • risque de pénalités de retard réclamés par nos clients,
  • surcoût du Covid 19 pour la plupart imputable au maître d’ouvrage.

Quant à nos sociétés de promotion, elles devront en 2020 comme en 2021 porter les pertes que des programmes ne manqueront pas de faire ainsi que des pertes de productivité liées à un mode de reprise économique qui, lorsqu’elle interviendra, sera en mode très dégradé. Les promoteurs immobiliers souffrent énormément de la crise mais je sais par expérience qu’ils essayeront de rester combatifs et responsables.

En d’autres termes, tous les acteurs sont confrontés aux mêmes difficultés, et si nous souhaitons traiter la question des surcoûts, il faut le faire pour l’amont comme pour l’aval, sans pénaliser nos clients finaux, également fragilisés par le contexte actuel.
 

Alexandra François-Cuxac

Présidente