Nationale

Editorial du Président

On se trompe de sujet

Tout récemment, le report de la proposition de loi visant à encadrer les locations saisonnières de type Airbnb a été critiqué par de très nombreux parlementaires, élus municipaux et acteurs du logement.

Ce texte transpartisan visait à réglementer plus efficacement les meublés touristiques, considérés comme responsables de l’attrition des logements destinés à la location de longue durée ou à l’accession.

Il prévoyait, notamment, de revoir le niveau des abattements fiscaux dont bénéficient les locations touristiques pour les harmoniser avec ceux de la location classique, d’étendre l’interdiction de location aux logements classés en D, P, E, F ou G et de donner de nouveaux outils aux maires pour lutter contre leur développement.

Ce report a été interprété comme un « mauvais signal pour la crise du logement qui n’est décidément pas une priorité [du gouvernement] ».

Quelques temps auparavant, de nombreux élus de zones touristiques très prisées de Bretagne ou du Pays basque ont avancé l’idée d’imposer une obligation de résidence de 2 ans sur un territoire préalablement à l’acquisition d’un logement.

Ce serait oublier qu’à l’origine, les habitants historiques de ces zones touristiques ont été les premiers à louer leurs biens en location touristique type Airbnb ou à les vendre pour des résidences secondaires.

En outre ces biens sont loués à des touristes qui font vivre l’économie locale.

En tout état de cause, dans les deux cas, il s’agit de gérer la pénurie. Alors que nos concitoyens peinent de plus en plus à se loger de manière pérenne, la première solution qui s’impose est d’interdire :

  • Interdire aux non-résidents d’acheter un logement.
  • Interdire, ou, a minima, empêcher le développement des locations touristiques.

Une fois encore, les responsables politiques préfèrent soigner les symptômes plutôt que le mal.

La situation de pénurie de logements que nous connaissons actuellement, accentuée par la crise de la demande, s’explique par la diminution constante et régulière, que nous constatons depuis des années, de la délivrance des permis de construire.

C’est la cause-racine de la crise actuelle du logement et personne, en dehors des professionnels de l’acte de construire, ne semble prendre la mesure de la nécessité absolue de la résoudre.

C’est ainsi que les dirigeants politiques préfèrent déployer toute leur énergie en élaborant des mesures qui, une fois de plus, encadrent et interdisent.

Le mal français, qui consiste à réglementer plutôt qu’à libérer les énergies, s’enracine toujours plus profondément dans les esprits.

La proposition de loi dite « anti Airbnb » en est la dernière illustration.

 

Pascal Boulanger, Président FPI France