Nationale

Editorial de la Présidente

Que nous réserve 2021 ?

A l’heure où beaucoup de promoteurs préparent leurs business plans prévisionnels, nous sommes nombreux à partager une grande complexité, mêlée d’une grande inquiétude, pour l’année 2021.


Une chose est sûre : nous finirons 2020 sur de mauvais chiffres globaux. Les mises en vente devraient être inférieures de 40 % à 2019, les ventes de 30 %. Notre offre est faible, avec moins de 90 000 logements, et nous éprouvons les plus grandes difficultés à la reconstituer, faute de PC (nous serons sous le seuil de 200 000 logements collectifs autorisés en 2020, environ 50 000 de moins qu’il y a trois ans).

L’activité de 2021 est déjà assez largement déterminée par les difficultés de cette année. Un exemple : depuis l’été, dans le logement collectif, il y a plus de mises en chantier que de permis, ce qui montre que nous sommes en train d’épuiser le stock de permis passés, et que l’activité dans le BTP va nécessairement décroître, faute de commandes à honorer (la fédération du bâtiment parlant d’ailleurs déjà d’une baisse de l’ordre de 25 % dès 2020).

Pour autant, la promotion immobilière obéit à des cycles longs, ce qui nous oblige à considérer les tendances de moyen terme. De ce point de vue, quelques motifs d’espoir existent. Du côté de la demande, la prorogation du Pinel et du PTZ va permettre de solvabiliser les ménages et les taux d’intérêt vont rester bas ; du côté de l’offre, nous assistons à un vrai tournant dans le discours de l’Etat, avec une volonté affirmée de voir les PC repartir, matérialisée par le Pacte pour la relance de la construction durable que la FPI a cosigné.

A défaut de pouvoir maîtriser notre environnement, nous devons agir sur ce qui dépend de nous. Collectivement, d’abord, via la FPI : nous sommes mobilisés pour faire vivre le Pacte dans les territoires, œuvrer au desserrement des contraintes sur l’accès au crédit de nos clients, pousser la digitalisation du secteur ou adapter l’ambition de la future RE 2020 aux capacités d’absorption d’un secteur fragilisé par la crise ; individuellement surtout, parce que chaque promoteur doit emporter la conviction des élus et motiver ses clients, et le meilleur moyen pour y parvenir, c’est de produire l’offre la plus adaptée aux préoccupations des premiers et aux usages des seconds.

Pour affronter la crise, soyons forts sur nos fondamentaux : la maîtrise d’ouvrage et la vente !

 

Alexandra François-Cuxac
Présidente de la FPI France