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COVID-19

Les jeunes, ces oubliés de la crise

Dans les réflexions que nous menons chacun de notre côté sur les conséquences de la crise, nous pensons spontanément, d’abord, aux aînés : la solution de l’hébergement collectif a montré ses limites et le Covid a cruellement prouvé sa vulnérabilité.

Nous pensons ensuite aux familles, et au besoin d’espace et de respiration qui sera immanquablement remonté dans la hiérarchie des priorités après deux mois de confinement.

Nous pensons enfin aux actifs et à l’impact que les gestes barrières et la distanciation sociale auront sur l’organisation des espaces professionnels (open space, coworking etc.).

Mais qui se soucie des jeunes – étudiants, jeunes actifs, jeunes couples sans enfants ? Pour beaucoup d’entre eux, le confinement aura été synonyme d’exiguïté et d’isolement, dans les résidences étudiantes, les foyers de jeunes travailleurs, les locations trop chères ; pour les autres, il aura fallu rejoindre le foyer parental, à rebours de l’autonomie dont nous les savons si friands.

La crise n’est pas à l’origine des problèmes des jeunes, mais elle les met particulièrement en relief. Combien d’entre eux, par exemple, parmi les salariés des supermarchés, à la caisse ou en rayon, contraint de travailler pour payer des études, ou comme premiers emplois faute de débouchés ?

Or ces jeunes sont aussi les plus directement touchés par la crise économique qui menace : moins d’alternance, moins de jobs d’été, plus de difficultés pour trouver de premiers emplois dans un marché déprimé qui donne plus que jamais la priorité à l’expérience …

Quelles réponses pouvons-nous apporter, en tant que promoteurs ? Deux axes, complémentaires, me viennent à l’esprit :

  • En tant qu’employeurs, même dans les temps difficiles, continuons de leur donner une chance, car un métier qui ne sait ni attirer ni fidéliser les talents est condamné à stagner
  • En tant que bâtisseurs, ne lâchons pas l’objectif du logement abordable dans les villes universitaires et dans celles (souvent les mêmes) qui concentrent les emplois.

Souvenons-nous de nos 20 ans, et de l’époque où la crise environnementale, sécuritaire et sanitaire n’occupait pas entièrement les esprits. L’espoir que nous nourrissions alors, sachons le partager avec eux !

Alexandra François-Cuxac

Présidente de la FPI