Nationale

Editorial de la Présidente

Démarrer 2021 en parlant chiffres

Chaque année, nous attendons avec impatience la sortie du compte du logement, à titre général pour l’ensemble des données très riches qu’il comporte, et plus spécifiquement pour le ratio qu’il permet de faire entre les recettes fiscales liées au logement, et les aides dont le secteur bénéficie.

Le compte 2019 est sorti fin décembre, et il montre que notre secteur génère près de deux fois plus de recettes qu’il ne reçoit d’aides publiques : 80,6 Md€ contre 38,5 Md€. Plus encore, il montre que cet écart a tendance à s’accentuer, à mesure que les recettes fiscales augmentent (elles ont été multipliées par trois depuis 1987) et que les aides décroissent (leur part dans le PIB est descendue de 2,2 % en 2010 à 1,6 % en 2019).

Derrière ces chiffres se cache une réalité rarement soulignée : la part essentielle des collectivités locales dans ces recettes fiscales (en 2019, par exemple, 23,3 Md€ de TFPB, 13,4 Md€ de DMTO, 1 Md€ de taxes d’urbanisme). C’est évidemment un axe de communication majeur dans le débat qui nous occupe sur la délivrance des permis de construire : l’immobilier, c’est une source de revenus majeure pour les collectivités locales, et pas seulement un facteur de coûts.

Autre chiffre intéressant : la TVA sur l’immobilier neuf a rapporté en 2019 environ 8 Md€ (terrains et construction). Si on considère que cela correspond à une offre neuve de l’ordre de 420 000 logements, chaque logement neuf (y compris les logements en TVA réduite, dont tout le parc social) rapporte à l’Etat environ 19 000 euros. Si comme les statistiques de l’Etat le laissent entendre, nous perdons 50 000 logements entre 2019 et 2020, cela représentera, a minima, une perte de TVA d’un milliard sur un an. Et encore ne parle-t-on là que de TVA, et non de l’ensemble des recettes que la construction génère …

Je suis un peu triste de devoir parler chiffres, quand nous voudrions tous parler de qualité de vie, de besoins des ménages, de ville durable, mais l’expérience montre que, pour valoriser notre travail, il faut d’abord mettre en avant l’emploi et les recettes fiscales et sociales…   

 

Alexandra François-Cuxac,

Présidente FPI France