Nationale

Editorial de la Présidente

De l’audace et du bon sens! 

Depuis des mois, lors de chaque échange, chaque concertation, chaque rendez-vous avec des décideurs publics, j’insiste sur les situations que nous constatons sur le terrain, de clients qui n’accèdent plus, ou plus difficilement, au crédit immobilier. Nous avons ainsi vu croître le taux de désistement. Nombre d’entre nous, heureux d’un bon début de commercialisation dans un contexte pourtant difficile, ont vu des clients se rétracter, faute d’avoir obtenu leur prêt.

Comme souvent, les certitudes des uns organisent la confiscation des mesures dites de bon sens pour tous les autres. Comme toujours, il y avait un coupable tout désigné : le Haut conseil pour la stabilité financière (HCSF), qui avait formulé l’an dernier des recommandations aux banques pour éviter les « dérives » du crédit immobilier. Notre coupable était un peu trop idéal, et l’effet Covid a aussi joué, cette fois contre tous : lorsqu’un emprunteur est éconduit parce que ses fiches de paye font apparaître de l’activité partielle, ce n’est pas une conséquence des seuils du HCSF, mais bien le reflet d’un regain de prudence de sa banque.

Notre audace et notre insistance, et plus généralement celle de tout notre écosystème, ont porté leurs fruits. Hier, le HCSF a annoncé un assouplissement de ses recommandations, et la FPI l’a évidemment salué. Nous avons d’ailleurs d’autant plus de raisons de nous en réjouir que nous savons à quel point la Ministre du Logement, Emmanuelle Wargon a été sensible à nos arguments comme à nos exemples, et qu’elle a pesé dans cette décision importante et structurante pour nos métiers, nos partenaires et tous nos bénéficiaires. Merci à elle !

Pour autant, ne nous leurrons pas : la crise est là, et pousse tout le monde, même les plus courageux et solides, à la prudence. La décision du HCSF est donc un bon signal. Elle témoigne d’un peu plus de confiance dans la responsabilité des acteurs, mais elle ne va pas inverser les anticipations des banques. La vigilance reste donc de mise, et je n’hésiterai pas, comme à mon habitude, à faire remonter au Gouvernement les fameux exemples venus du terrain, dont les pouvoirs publics ont tant besoin pour ne pas agir en aveugle. Avant, pendant et après la crise nous serons toujours là !

La vraie plus-value de notre Fédération c’est vraisemblablement aussi cela.

 

Alexandra François-Cuxac

Présidente de la FPI France