Nationale

Editorial de la Présidente

2022, un enjeu existentiel pour le neuf

L’élection présidentielle permet, tous les 5 ans, de poser les enjeux de société que nous devons affronter collectivement. Le logement en fait rarement partie, malheureusement, faute d’intérêt et/ou de connaissance de nos décideurs. 2022, pour autant, pourrait marquer un tournant, parce qu’on sent bien que notre secteur est à la croisée des chemins, et que le débat va se poser dans des termes radicalement différents de 2017.

En 2017, en effet, nous étions dans une phase de nette croissance, avec près de 500 000 logements autorisés par an et plus de 160 000 logements vendus par les promoteurs. L’inquiétude portait alors sur les soutiens de la demande, en particulier la prorogation du Pinel, et plus subsidiairement sur des sujets techniques, comme la lutte contre les recours abusifs.

En 2022, le décor aura radicalement changé. D’abord parce que notre secteur se sera nettement contracté (120 000 logements vendus en 2020), faute d’offre (380 000 logements autorisés par an). Surtout, parce qu’en cinq ans, le regard des décideurs nationaux et locaux sur le logement s’est transformé, en mal. Le développement durable et le #Covid nourrissent une vision décroissante de plus en plus hostile à la construction, comme si le mal logement et le logement abordable n’étaient plus des sujets et, surtout, comme si la construction n’était pas une solution mais plutôt un problème.

Pour la FPI, l’échéance de 2022 sera donc à la fois beaucoup plus intéressante et beaucoup plus difficile que 2017 : intéressante, parce que nous allons devoir défendre nos fondamentaux et faire vivre un vrai débat de société ; difficile, parce que nos propositions relèveront moins de la fiscalité et des normes que du registre culturel et politique.

Pour notre secteur et notre métier, 2022 pourrait marquer un vrai défi existentiel. 

Alexandra François-Cuxac, Présidente FPI France