49è Congrès de la FPI – Annecy – 24 & 25 juin 2019 - Ouverture

Intervention de Madame Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France

 

Monsieur le Ministre, Cher Julien [Denormandie],

Monsieur le Préfet [Pierre Lambert],

Mesdames les ministres, chères Emmanuelle Cosse et Catherine Vautrin,

Madame la Députée [Frédérique Lardet]

Monsieur le Maire et Président du Grand Annecy, Cher Jean-Luc Rigaut,

Chers partenaires et intervenants,

Chers confrères, chers amis,

Je suis heureuse de vous accueillir pour notre 49ème Congrès à Annecy – un congrès maritime à Biarritz en 2018, un congrès montagnard en 2019 – un défi pour inventer le 50ème congrès de 2020 !

Merci au président de la FPI des Alpes, Olivier Gallais, membre très actif du Conseil fédéral, pour son accueil et son aide

Les villes sont soumises à des tensions fortes et parfois contraires, entre étalement urbain et densité, mobilités et infrastructures, croissance et environnement, collectif et individuel.

La ville s’hybride, et sa croissance est exponentielle. En 2050, deux tiers des citoyens du monde habiteront la ville. 

Cette croissance des villes nous lance deux grands défis : le défi du climat, le défi du vivant

Nous, promoteurs, nous avons compris que pour que cette croissance soit durable il faut qu’elle devienne responsable.

Notre secteur, avec celui du bâtiment et de la construction, est l’un des secteurs les plus concerné par les enjeux du développement durable. Les chiffres français, sur lesquels entreprises, institutions et experts s’accordent, sont en effet impressionnants : le bâtiment (la construction) représente environ 40 % des émissions de CO2 des pays développés, 37 % de la consommation d’énergie et 40 % des déchets produits. 

Si les villes représentent 2% de la surface de la planète, elles consomment 75% de l’énergie produite. Il faut réduire nos émissions de CO2, réduire nos consommations d’énergie, privilégier les circuits courts.

Sur le plan social il faudra pouvoir accueillir les populations dans un projet de construction urbaine qui humanise et non qui sépare ou exclut les populations. En France, ce sont 4 millions de ménages supplémentaires à l’horizon 2030 que nous devrons loger. Notre production est insuffisante, Monsieur le Ministre. Face à l’extinction des espèces vivantes, il faut faire de la ville une réserve de la biodiversité ; et dans le même temps continuer la société de progrès et l’ouvrir au plus grand nombre. 

Notre métier a changé, aujourd’hui nous, promoteurs, sommes des acteurs incontournables de la fabrication de la ville. Notre métier est passé du métier de la matière brute (béton) et de la finance à celui de la matière grise (où nous venons contribuer aux côtés des élus, des collectivités, des sociétés d’aménagement pour réaliser de nouveaux quartiers), et à celui - nous l’appelons de nos vœux à la FPI- d’une certaine contribution/responsabilité sociétale.

Et pour ce faire, à la FPI, nous souhaitons encourager les objectifs suivants, parfaitement en ligne d’ailleurs avec le Grenelle de l’environnement :

  • Encourager la construction de logements neufs, de bureaux à très haute performance énergétique,
  • Encourager l’aménagement d’éco quartiers,
  • Encourager l’économie bas carbone avec l’intégration généralisée de bilans carbone et le label E+C-,
  • Encourager l’emploi et le ré-emploi de matériaux qui ne sont pas des ressources finies, dynamiser entre autre la filière bois,
  • Encourager les relations sociales à l’intérieur de nos résidences,
  • Capitaliser sur les initiatives que nous avons eu dans le cadre des « réinventer » autour de cette thématique.
  • Je rappelle que notre production de logements sociaux est supérieure à 20%. Il faut impliquer les habitants dans leur vie de quartier, favoriser la mixité : C’est la ville inclusive ; elle n’existe que grâce à l’effort de tous pour participer au commun,
  • Encourager les labels autour de la bio-diversité,
  • Encourager le numérique et la ville numérique :
    • C’est la ville connectée, la ville qui mutualise l’énergie, qui offre de nouveaux services à ses habitants (ex. véhicules partagés)
    • C’est la ville qui facilite la vie des gens et transforme les usages. C’est une ville où on partage plus facilement.

Mais le digital n’est pas non plus l’alpha et l’oméga du développement des villes. La ville intelligente pose aussi la question de la data et du respect de l’intimité. 

Le numérique peut aussi déshumaniser la ville. Il peut participer à isoler, c’est l’outil qui donne de l’autonomie sans nécessité de contact, celui-là même qui fait du commun, du partage et qui crée du lien.

Il faut toujours penser à l’homme avant de penser à l’outil.

Voilà pour nous à la FPI, pour nous promoteurs, notre responsabilité, ce que doit être notre contribution face aux grands défis de la ville.

Mais Monsieur le Ministre, nous avons aussi besoin de vous pour faire face à ces enjeux et au premier d’entre eux le déficit de logement en France.

Nos préoccupations portent d’abord sur cette difficulté de construire comme en témoignent le recul des autorisations ou encore la chute des mises en vente de -36 % au niveau national au premier trimestre 2019.

Sommes-nous certains d’avoir exploré toutes les pistes ?

  • Sur le foncier : les terrains existent mais les procédures pour les rendre constructibles sont trop longues. Y’a-t-il encore un sens à l’heure du digital à parler de zonage en France alors que la frontière entre travail et habitat est de plus en plus ténue ?
  • Sur le sujet des recours : Il faut encore aller plus loin. Les recours entravent encore aujourd’hui la production du logement neuf en France.
  • Sur les permis de construire : Il faut que les décisions administratives de l’acte de construire se prennent au bon niveau et ne soient pas l’objet d’instrumentalisation ou de malthusianisme. 
  • Sur le dispositif Pinel : nous pouvons nous réjouir de la visibilité qui a été offerte sur ce dispositif fiscal. Il a permis de maintenir le marché à un bon niveau. Nous souhaiterions que ce dispositif et que cet effort de visibilité soient poursuivis car le bailleur privé est toujours aujourd’hui le principal recours à la demande locative libre. Et n’oublions pas que les investisseurs n’aiment pas l’incertitude.


Sur ces sujets nous avons des idées et nous sommes prêts à travailler avec vous pour qu’enfin en France nous sortions de cette crise du logement. Nous en avons la volonté, nous en avons l’énergie. C’est aussi de notre responsabilité.

Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et je vous souhaite un très bon congrès à tous.

 

 

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